La possibilité de l’impossibilité

« Celui qui hésite à me reconnaître s’oppose à moi. Dans une lutte farouche, j’accepte de ressentir l’ébranlement de la mort, la dissolution irréversible, mais aussi la possibilité de l’impossibilité.

L’autre, cependant, peut me reconnaître sans lutte:

« L’individu qui n’a pas mis sa vie en jeu peut bien être reconnu comme personne, mais il n’a pas atteint la vérité de cette reconnaissance d’une conscience de soi indépendante. »

Historiquement, le nègre a fait irruption dans la lice où se trouvait les maîtres. Pareil à ces domestiques à qui une fois l’an on permet de danser au salon, le nègre cherche un support. Le nègre n’est pas devenu un maître. Quand il n’y a plus d’esclaves, il n’y a pas de maîtres. 

Le nègre est un esclave à qui on permis d’adopter une attitude de maître.

Le Blanc est un maître qui a permis à ses esclaves de manger à sa table. »

FANON, Frantz. Peau noire, masques blancs. Paris : Éditions du Seuil, 1952, p. 213.