Mettre en question le concept de nature

« La scène moderne présente une nature commune à tous, universelle, à laquelle les sciences modernes nous ont donné accès, et sur le fond de laquelle s’inventent des cultures, c’est-à-dire des représentations plus ou moins pertinentes et adéquates de cette nature. Toutes les conceptions de la nature à l’exception de la nôtre sont au fond des croyances, que l’on critiquait hier et que l’on tolère aujourd’hui, sans que cela change le fond du problème. Comme le dit Viveiros de Castro, la différence avec « les Autres », ce n’est pas la culture (que l’on accorde à tous), mais la nature, à laquelle seuls les Modernes auraient accès. Or mettre véritablement en question le concept de nature signifie d’abord prendre acte de l’absence d’un substrat commun universel, et par conséquent ne plus penser les différentes conceptions du monde en termes de représentations, mais de cosmologies différentes, de mondes différents, sans hiérarchie entre eux. »

HACHE, Émilie (Dir). Écologie politique. Cosmos, communautés, milieux. Paris : Éditions Amsterdam, 2012, p. 21.