Lire « Elle » en 1957

« Tel est ce monde d’Elle: les femmes y sont toujours une espèce homogène, un corps constitué, jaloux de ses privilèges, encore plus amoureux de ses servitudes; l’homme n’y est jamais à l’intérieur, la féminité est pure, libre, puissante; mais l’homme est partout autour, il presse de toutes parts, il fait exister; il est de toute éternité l’absence créatrice, celle du dieu racinien: monde sans hommes, mais tout entier constitué par le regard de l’homme, l’univers féminin d’Elle est très exactement celui du gynécée. »

BARTHES, Roland. Mythologies. Paris: Éditions du Seuil, 1957, p. 62