L’éloge du mouvement

« La gestion du mouvement et donc du désordre, ne peut se réduire à une action défensive, à une opération de restauration, à un jeu d’apparences qui n’imposerait des effets d’ordre qu’en surface. Plus encore que dans les périodes paisibles, elle est une conquête, une création constante que des valeurs jeunes, une éthique nouvelle et largement partagée, orientent. Ce qui implique de donner toutes ses chances à ce qui est porteur de vie, et non à ce qui relève d’un fonctionnement mécanique, à la société civile et non aux appareils. […] faire participer de façon continue le grand nombre des acteurs sociaux aux définitions – toujours à reprendre – de la société, reconnaître la nécessité de leur présence dans ces lieux où se forment les choix qui la produisent et où s’engendrent les éléments de sa signification. Autrement dit, faire l’éloge du mouvement, dissiper les craintes qu’il inspire, et, surtout, ne jamais consentir à exploiter la peur confuse qu’il nourrit. » 

BALANDIER, Georges. Le désordre. Éloge du mouvement. Paris : Librairie Arthème Fayard, 1988, p. 249.