Le sujet est une femme

« … parce qu’elles ont été soumises au pouvoir masculin, les femmes sont nécessairement les agents principaux du changement global de la société qui est en train de bouleverser le modèle occidentale de modernisation, si élitiste et masculin. Ce changement ne conduit pas à la domination de femmes sur les hommes, mais au dépassement de l’opposition hommes/femmes à travers ce qu’on peut appeler une féminisation de la société. » 

TOURAINE, Alain. La fin des sociétés. Paris : Éditions du Seuil, 2013, p. 292 (La couleur des idées).

« On a voulu que les femmes deviennent les égales des hommes; ce but n’a pas été atteint, mais ce sont aujourd’hui les hommes qui se rapprochent des femmes. ils reconnaissent que leur personnalité est plus riche que la leur. Nous n’allons pas entrer dans une société de femmes; nous y sommes déjà. Le plus remarquable dans cette conversion nécessaire des hommes est qu’ils sont amenés à rompre avec leur habitude de penser par couple d’opposition, pour adopter la minière de penser des femmes par combinaison de termes apparemment opposés – ce qui conduit à des jugements plus ambivalents et donc plus flexibles. » 

TOURAINE, Alain. La fin des sociétés. Paris : Éditions du Seuil, 2013, p. 288-289 (La couleur des idées).

« En réalisant l’alliance de la vie privée – et notamment de la sexualité – et de la vie professionnelle dans sa vie, la femme provoque un double renforcement du sujet en elle: en réintégrant dans le vie consciente une partie de ce qui était refoulé dans l’inconscient et en détruisant l’image paternelle comme source d’interdits et de punitions. Le sujet ainsi renforcé accroît la capacité de l’individu à devenir acteur. La destruction du super-ego masculin n’oblige-t-elle pas les individus à chercher an eux-mêmes la source de leurs droits et donc la capacité de résister aux devoirs que leur impose leur société? La sexualité est reconnue, acceptée, réhabilitée, pas seulement comme un effet de l’évolution des idées, mais surtout parce qu’elle est vécue comme un élément majeur de la résistance de la personnalité individuelle à tous les thèmes culturels qui ont partie liée avec l’interdit. » 

TOURAINE, Alain. La fin des sociétés. Paris : Éditions du Seuil, 2013, p. 288-289 (La couleur des idées).

« On peut affirmer que ce sont les femmes qui contribuent pour l’essentiel à construire un nouveau modèle culturel, qui donne la priorité au rapport de soi à soi sur le rapport de soi au monde à travers le travail, la technique, l’entreprise. » 

TOURAINE, Alain. La fin des sociétés. Paris : Éditions du Seuil, 2013, p. 288 (La couleur des idées).