La stigmatisation: un enjeu de lutte

« Lorsque le but ultime est d’ôter le stigmate de la différence, l’individu qui lutte pour ce faire finit souvent par s’apercevoir que sa propre vie s’en trouve politisée à tel point qu’elle s’écarte encore plus de l’existence normale qu’il s’est vu refuser à l’origine – même s’il reste vrai que ses efforts profiteront largement à la génération suivante, mieux acceptée grâce à lui. » 

GOFFMAN, Erving. Stigmate, les usages sociaux des handicaps. Paris : Les Éditions de Minuit, 1975, p. 136

« … dès lors qu’un individu affligé d’un stigmate atteint une position élevée dans sa profession, la politique ou les finances – et quelle que soit sa dépendance vis-à-vis du groupe stigmatique auquel il appartient – , il se voit le plus souvent investi d’une nouvelle carrière : représenter sa catégorie. Il s’aperçoit qu’il est désormais trop éminent pour éviter d’être présenté par les siens comme un exemple. (La faiblesse d’un stigmate peut donc se mesurer au degré d’éminence que peut conquérir un membre de la catégorie ainsi affligée, tout en réussissant à se soustraire à de telles pressions.) » 

GOFFMAN, Erving. Stigmate, les usages sociaux des handicaps. Paris : Les Éditions de Minuit, 1975, p. 40