La société, le fou et l’ermite

« … tout individu est en compétition pour son statut, en lutte pour maintenir son prestige personnel, son point de vue et l’estime de soi. Il ne pourra les maintenir cependant que dans la mesure où il saura se faire reconnaître par tous ceux dont il lui semble important de gagner l’estime, c’est-à-dire tous ceux qui sont de son milieu ou de son cercle. Aucune philosophie de la vie n’a réussi jusqu’ici à se mettre à l’abri d’une telle lutte pour le statut : l’individu qui ne se préoccupe pas de son statut dans un certain milieu est un ermite, même s’il a pour retraite la foule des grandes villes. L’individu qui se conçoit lui-même indépendamment de ce que les autres pensent de lui est sans doute un fou. »

EZRA PARK, Robert cité par Isaac Joseph et Yves Grafmeyer. JOSEPH, Isaac et GRAFMEYER, Yves. L’école de Chicago. Naissance de l’écologie urbaine. Aubier : Les éditions du Champ Urbain, CRU, 1979, p. 210