La justice environnementale

« Les militants pour la justice environnementale définissent l’environnement comme « l’endroit dans lequel vous travaillez, dans lequel vous vivez, dans lequel vous jouez ». Nombre d’environnementalistes traditionnels trouveraient cette formulation incompréhensible, voire éthiquement indéfendable, à cause de son apparent anthropocentrisme. Selon eux, placer les humains au coeur du discours environnemental constitue une grave erreur, parce que ce sont les humains eux-mêmes qui sont à l’origine des problèmes environnementaux. Les militants pour la justice environnementale défendent quant à eux que certains humains, en particulier les pauvres, sont également victimes de la destruction et de la pollution de l’environnement et que, de plus, certaines sociétés humaines vivent de manière relativement avisée d’un point de vue écologique. En conséquence, ils soutiennent que l’invention par les environnementalistes traditionnels d’une division universelle entre les humains et la nature est trompeuse, théoriquement incohérente et stratégiquement inefficace dans son objectif politique de sensibilisation de l’opinion à l’environnement. »

DI CHIRO Giovanna. Nature as Community: The convergence of Environnemental and Social Justice in CRONON William (dir.). Uncommon Ground: Rethinking the Human Place in Nature. New York/ Londres: W. W. Norton & Company, 1996 in HACHE, Émilie (dir.). Écologie politique. Cosmos, communautés, milieux. Paris : Éditions Amsterdam, 2012, p. 126-127.

« Ce qui est nouveau dans le mouvement pour la justice environnementale n’est pas la « conscience écologique élevée » de ses militants mais la manière dont il transforme les possibilités de changements sociaux et environnementaux fondamentaux par des processus de redéfinition, de réinvention et de construction de discours et de pratiques politiques et culturelles innovants. Cela inclut notamment l’articulation entre les concepts de justice environnementale et de racisme environnemental et l’élaboration de nouvelles formes d’organisation politique de base. »

DI CHIRO Giovanna. Nature as Community: The convergence of Environnemental and Social Justice in CRONON William (dir.). Uncommon Ground: Rethinking the Human Place in Nature. New York/ Londres: W. W. Norton & Company, 1996 in HACHE, Émilie (dir.). Écologie politique. Cosmos, communautés, milieux. Paris : Éditions Amsterdam, 2012, p. 130.