Les figures de la tradition

« Selon la conception occidentale, la tradition a deux figures: l’une, passive, qui manifeste sa fonction de conservation, de mise en mémoire; l’autre, active, qui lui permet de faire être ce qui a déjà existé. La parole, le symbole, le rite la maintiennent sous ce double visage. C’est par eux qu’elle s’insère dans une histoire où le passé se prolonge dans le présent, où celui-ci en appelle au passé; histoire déconcertante, puisque négatrice de son propre mouvement et réfractaire à la nouveauté. Elle veut exprimer en permanence la vérité, celle de l’ordre du monde dès l’origine. » 

BALANDIER, Georges. Le désordre. Éloge du mouvement. Paris : Librairie Arthème Fayard, 1988, p. 91.