Avant l’action

« L’homme n’est humain que dans la mesure où il veut s’imposer à un autre homme, afin de se faire reconnaître par lui. Tant qu’il n’est pas effectivement reconnu par l’autre, c’est cet autre qui demeure le thème de son action. C’est de cet autre, c’est de la reconnaissance par cet autre, que dépendent sa valeur et sa réalité humaines. C’est dans cet autre que se condense le sens de sa vie. »

FANON, Frantz. Peau noire, masques blancs. Paris : Éditions du Seuil, 1952, p. 210.

« Nous avons dit dans notre introduction que l’homme était un oui. Nous ne cesserons de le répéter.

Oui à la vie. Oui à l’amour. Oui à la générosité.

Mais l’homme est aussi un non. Non au mépris de l’homme. Non à l’indignité de l’homme. À l’exploitation de l’homme. Au neutre de ce qu’il y a de plus humain dans l’homme: la liberté. 

Le comportement de l’homme n’est pas seulement dans une réaction. […]

Amener l’homme à être actionnel, en maintenant dans sa circularité le respect des valeurs fondamentales qui font un monde humain, telle est la première urgence de celui, qui, après avoir réfléchit, s’apprête à agir. »

FANON, Frantz. Peau noire, masques blancs. Paris : Éditions du Seuil, 1952, p. 215.