Action collective, acteur, organisation … et marchandage!

« … si l’action collective constitue un problème si décisif pour nos sociétés, c’est d’abord et avant tout parce que ce n’est pas un phénomène naturel. C’est un construit social dont l’existence pose problème et dont il reste à expliquer les conditions d’émergence et de maintien. » 

CROZIER, Michel et FRIEDBERG, Erhard. L’acteur et le système. Paris : Seuil, 1977, 15 p. (Sociologie politique)

« … il faut […] penser l’action humaine comme un processus actif où les individus parent au plus pressé pour surmonter et dépasser les difficultés de l’action. Comme un processus, en somme, où ils apprennent constamment à se servir des instruments matériels et […] culturels à leur disposition pour résoudre à chaud les problèmes qu’ils rencontrent, en fonction des contraintes et des opportunités de la situation. » 

CROZIER, Michel et FRIEDBERG, Erhard. L’acteur et le système. Paris : Seuil, 1977, 206 p. (Sociologie politique)

« … le phénomène organisationnel apparaît en dernière analyse comme un construit politique et culturel, comme l’instrument que des acteurs sociaux se sont forgé pour « régler » leurs interactions de façon à obtenir le minimum de coopération nécessaire à la poursuite d’objectifs collectifs, tout en maintenant leur autonomie d’agents relativement libres. » 

CROZIER, Michel et FRIEDBERG, Erhard. L’acteur et le système. Paris : Seuil, 1977, 197 p. (Sociologie politique)

« … disposer des atouts nécessaires ne suffit pas. Encore faut-il que les membres de l’organisation acceptent de les engager dans des relations de pouvoirs particulières. Or dans la mesure même où l’organisation ne constitue jamais pour ses membres qu’un champ d’investissement stratégique parmi d’autres, il n’y a à l’engagement de ceux-ci aucune automaticité […]. Ils n’accepterons de mobiliser leurs ressources et d’affronter les risques inhérents à toute relation de pouvoir qu’à condition de trouver dans l’organisation des enjeux suffisamment pertinents au regard de leurs atouts et de leurs objectifs, et suffisamment importants pour justifier une mobilisation de leur part. C’est à ce niveau encore qu’intervient l’organisation. » 

CROZIER, Michel et FRIEDBERG, Erhard. L’acteur et le système. Paris : Seuil, 1977, 80-81 p. (Sociologie politique)

« Dans le jeu de relations de pouvoir, […] être en mesure de s’écarter des attentes et des normes associées à son « rôle » est un atout et une source de pouvoir « ouvrant » la possibilité de marchandage. À l’inverse, être enfermé dans son « rôle » constitue une évidente infériorité pour l’acteur qui, devenu parfaitement prévisible, n’a plus rien à marchander. »

CROZIER, Michel et FRIEDBERG, Erhard. L’acteur et le système. Paris : Seuil, 1977, 98 p. (Sociologie politique)