La prison du corps

«  … il ne faut pas s’y tromper: on n’a pas substitué à l’âme, illusion des théologiens, un homme réel, objet de savoir, de réflexion philosophique ou d’intervention technique. L’homme dont on nous parle et qu’on invite à libérer est déjà en lui-même l’effet d’un assujettissement bien plus profond que lui. Une « âme » l’habite et le porte à l’existence, qui est elle-même une pièce dans la maîtrise que le pouvoir exerce sur le corps. L’âme, effet et instrument d’une anatomie politique; l’âme, prison du corps. »

FOUCAULT, Michel. Surveiller et punir. Naissance de la prison. Paris : Éditions Gallimard, 1975, p. 38.